mardi 12 mars 2013

Mali : la menace jihadiste pèse toujours sur la région de Gao



Soldat français à Gao, le 2 mars 2013.
Soldat français à Gao, le 2 mars 2013.
REUTERS/Joe Penney

Par RFI
La menace jihadiste existe toujours, y compris dans les villes libérées fin janvier, au Mali. Une nouvelle attaque a eu lieu le 6 mars dans la région de Gao. Un militaire malien et un soldat français ont été tués, et trois autres blessés. Ce qui porte à quatre le nombre de soldats français tués au Mali. L’attaque a eu lieu au cours d’une mission de reconnaissance à 100km à l’est de Gao, dans une zone toujours infiltrée de combattants islamistes.

Gao est libérée, mais l’est de la ville est loin de l’être. Djibok, Iminenas, Tapaye, Tin Keraten, autant de localités autour desquelles se concentrent actuellement les opérations menées par les militaires français, maliens et nigériens pour débusquer les combattants islamistes.
Mohamed Haidara est conseiller municipal d’Anchawedji, un village nomade de la commune de Djibok : « La région est totalement infectée dans toutes les directions. C’est ce que nous voyons. Les moudjahidines, ceux qui ont été chassés, sont partis de la zone. Ils se cachent. La population est totalement menacée dans la zone ».
Les populations ont peur, et les opérations militaires sont compliquées. Car les jihadistes sont déterminés, bien armés et nombreux. Mohamed Haidara déclare « d’après nos informations, ils sont organisés en groupe. Ils sont nombreux aussi, et bien armés ».
Mohamed Haidara a du mal à avoir des nouvelles des proches restés au village, les liaisons téléphoniques sont mauvaises. Il craint de ne pas pouvoir rentrer chez lui avant longtemps.
Les circonstances de l'attaque de Tin Keraten
L’attaque a eu lieu au cours d’une mission de reconnaissance à 100km à l’est de Gao, dans une zone où il reste de nombreux combattants islamistes. Le brigadier-chef Wilfried Pingaud tué mercredi près de la bourgade de Tin Keraten appartenait à un détachement de liaison d'une vingtaine de militaires français insérés dans une unité malienne. Un soldat malien y a aussi laissé la vie.
« Ils revenaient d’une opération de fouilles menée par des militaires français et maliens. Après avoir fini, ils sont tombés dans une embuscade ». Ce porte-parole de l’armée malienne à Gao n’en dira pas davantage, sur le contexte de cette attaque ou sur le nombre des assaillants, mais il précise le bilan : un soldat français et un militaire malien ont été tués, et trois autres blessés.
Les deux victimes ne sont pas mortes sur le coup, mais n’ont pas survécu à leurs blessures.
Les armées française et malienne, ainsi que leurs alliés nigériens, mènent depuis la semaine dernière, au moins, des opérations dites de sécurisation dans la région. Leur but est de débusquer et de neutraliser les derniers groupes de combattants islamistes encore présents et actifs.
Ce n’est d’ailleurs pas le premier accrochage : la semaine dernière, les forces de libération avaient annoncé avoir tué une cinquantaine de jihadistes à Iminenas, non loin de Tin Keraten. Les opérations menées aux alentours de Gao vont évidemment continuer, sans relâche.
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Honneurs militaires aux Invalides et à Beligneux (Ain) pour le brigadier Pingaud mort au Mali


Les honneurs militaires seront rendus aux Invalides à Paris et à Beligneux (Ain) au brigadier chef Wlfried Pingaud mort le 6 Mars au Mali au cours d'une opération de reconnaissance. Le Ministre de la défense présidera la cérémonie dans l'Ain jeudi au 68ème régiment d'artillerie de la Valbonne.
© Ministère de la Défense
© Ministère de la Défense

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, présidera jeudi à Béligneux (Ain) l'hommage au quatrième soldat français tué depuis le début de l'intervention au Mali, le brigadier-chef Wilfried Pingaud, mort le 6 mars dans la région de Gao. La cérémonie se déroulera jeudi à 11h00 au 68ème régiment d'artillerie d'Afrique (68e RAA) de La Valbonne auquel appartenait le militaire, sur la commune de Béligneux.

La veille, les honneurs militaires lui seront rendus lors d'une cérémonie dans l'intimité à l'Hôtel national des Invalides à Paris. Auparavant, le cortège funèbre passera mercredi entre 10h15 et 10h30 sur le Pont Alexandre III, où le gouverneur militaire de Paris, le général Hervé Charpentier, invite le plus grand nombre de personnes à venir lui rendre hommage.

Wilfried Pingaud, 37 ans, était depuis 17 ans au camp de La Valbonne où sa mort a été vécue comme "un choc" par ses frères d'armes du régiment. Il a été mortellement blessé mercredi dernier lors d'un accrochage avec des islamistes au cours d'une opération de sécurisation, à une centaine de kilomètres à l'est de Gao (nord). Il appartenait à un détachement de liaison (DL) d'une vingtaine de militaires français insérés dans une unité malienne.
 

samedi 9 mars 2013

Mali. L'armée française a fait tomber la citadelle d'Aqmi


Les soldats français à la recherche des planques d'Aqmi./Photo AFP () 
Les soldats français à la recherche des planques d'Aqmi./Photo AFP
Aidés de 2000 militaires tchadiens, dans des conditions très dures, les soldats français ont réussi à mettre à bas la citadelle d'Aqmi dans le Nord-Mali.
«On a tous conscience de vivre une opération qui ne ressemble à aucune autre». Les propos du colonel Goujon, chef de corps du GTIA3 (groupement tactique interarmes), résument le sentiment général des troupes françaises engagées au Mali. Surtout des régiments qui arpentent le massif des Ifoghas, dans le nord-est du Mali, à la frontière avec l'Algérie.
Là, toute l'intelligence tactique et l'équipement technologique de l'armée française sont sollicités pour mettre à bas la forteresse d'Aqmi, Al-Qaïda au Maghreb islamique. Avec réussite, pour l'instant, malgré les quatre morts français depuis le début de la guerre. Mais dans la douleur.
Oubliée la progression rapide avec les blindés sur les routes de Gao, Tombouctou et Kidal. Dans la vallée de l'Amettetaï, qui traverse l'Adrar des Ifoghas, les hommes souffrent. 45°C à 55°C, des heures de marche avec des sacs à dos de 40kg à 50kg, et un espace naturel des plus hostiles, entre plaines désertiques et massifs de pitons rocheux, truffés de cachettes pour des djihadistes prêts à tout.
Les soldats français avancent en ligne, nettoient les réseaux de galeries à la grenade, engagent souvent le combat à quelques dizaines de mètres seulement de leurs assaillants, quand ce n'est pas quasiment du face-à-face.

Dizaines de tonnes d'armes

Dans cette vallée, Aqmi avait organisé une véritable citadelle depuis des années. Et accumulé une abondance de matériel qui a surpris les militaires français. Des dizaines de tonnes d'armes et de munitions, des ordinateurs, des GPS, des téléphones, mais aussi un immense potager et du bétail. Une partie des djihadistes a fui la zone, l'autre a été tuée par les frappes aériennes et l'avancée des armées françaises et tchadiennes. Certains sont encore cachés dans ce décor aux allures lunaires. Les soldats français ont retrouvé des cadavres de blessés avec une perfusion encore plantée dans le bras. «Ici, c'était le donjon» annonce le général Barrera, qui commande les troupes françaises au sol pour cette opération Serval. «On a cassé le donjon. Il reste les basses-cours».
Pour réussir l'assaut sur le «donjon» de l'Amettetaï, un grand mouvement terrestre sur trois axes a été engagé. Les troupes tchadiennes à l'ouest, qui ont fait face à des combattants acharnés, et ont subi de lourdes pertes : 26 morts et 63 blessés. Mais ils ont eu un rôle crucial, pour couper toute possibilité de repli. A l'est, les troupes françaises du 3e GTIA, les marsouins de l'infanterie de marine appuyés par les hélicoptères Tigre; et au nord par les légionnaires et parachutistes du 4e GTIA. Cinq cents hommes qui ont franchi les lignes de crête en marchant 5 à 6 jours pour prendre les terroristes à revers. Cette manœuvre audacieuse s'est révélée déterminante.

Hollande répond aux critiques de Sarkozy

Alors que le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est rendu hier pour 24 heures, dans le nord du Mali et à Bamako, afin de saluer le «don de soi» des soldats français, le président Hollande a profité d'une tribune qui lui était donnée à Paris, à la veille de la Journée de la femme, pour répondre vertement, -sans toutefois le nommer - , à son prédécesseur Nicolas Sarkozy qui avait critiqué l'intervention française au Mali: «Si certains s'interrogent pour savoir pourquoi la France est au Mali, c'est parce qu'il y avait des femmes qui étaient victimes de l'oppression et de la barbarie», a lancé le chef de l'Etat .
La Dépêche du Midi

Le ministre français de la Défense aux soldats : « Fier de vous »



Jean-Yves Le Drian a salué « les qualités professionnelles, le courage, le sang-froid, le don de soi » des militaires français engagés au Mali, « jusqu’au don de leur vie ».   Photo AFP
Jean-Yves Le Drian a salué « les qualités professionnelles, le courage, le sang-froid, le don de soi » des militaires français engagés au Mali, « jusqu’au don de leur vie ». Photo AFP

Jean-Yves Le Drian s’est rendu hier dans le nord du Mali pour saluer les soldats français qui mènent un combat acharné contre les islamistes.

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Le ministre de la défense , Jean-Yves Le Drian, est arrivé hier en début d’après-midi à Gao, la plus grande ville du nord du Mali, où sont installées des troupes françaises qui combattent des islamistes armés liés à al-Qaida.
Il a débuté sa visite par le massif des Ifoghas, près de la frontière avec l’Algérie, où se déroulent les combats les plus durs contre les jihadistes.
« Mon premier sentiment est la fierté », a déclaré Jean-Yves Le Drian devant environ 250 soldats. « Je suis fier d’être ministre de la défense avec des forces qui se conduisent comme elles se conduisent ici », a-t-il ajouté.
Il a salué « les qualités professionnelles, le courage, le sang-froid, le don de soi », des militaires français engagés au Mali, avant de se rendre à Bamako, où il devait notamment rencontrer le président malien par intérim, Dioncounda Traoré.

Une centaine de tués dans la vallée d’Ametettai

Les soldats français poursuivaient hier le ratissage de la vallée d’Ametettai, considérée comme le sanctuaire d’al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Ils ont repris le contrôle de cette vallée au cours de combats qui ont fait plus d’une centaine de morts du côté des islamistes depuis février.
Une cinquantaine de djihadistes ont aussi été tués au cours de la même période dans la région de Gao, où un soldat français est mort mercredi.
D’autres vallées de l’Adrar des Ifoghas sont également fouillées par les forces françaises et tchadiennes. « AQMI était installée dans cette zone et souhaitait y rester durablement », a assuré le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l’état-major. Il a aussi jugé « probable qu’une partie des terroristes a réussi à s’échapper ».

Un jihadiste français présumé arrêté à Sévaré

Un jihadiste français présumé, qui avait été arrêté au Mali en novembre, a été expulsé vers la France et placé en garde à vue. Ibrahim Aziz Ouattara, qui possède aussi la nationalité malienne, est soupçonné d’avoir cherché à rejoindre des groupes jihadistes opérant dans la région. Cet homme de 25 ans avait été interpellé par les autorités maliennes à Sévaré (centre), alors qu’il voyageait avec les papiers d’identité d’un certain Khalifa Dramé, qui a également été placé mardi en garde à vue.
publiée le 08/03/2013 à 05:00

vendredi 8 mars 2013

Une trentaine de soldats français blessés rapatriés du Mali


Militaires français à Gao, au Mali. Une trentaine de soldats français ont été rapatriés jeudi en France après avoir été victimes de blessures légères, notamment d'entorses et de coups de chaleur lors des opérations menées au Mali. /Photo prise le 21 février 2013/REUTERS/Joe Penney
Une trentaine de soldats français ont été rapatriés jeudi en France après avoir été victimes de blessures légères, notamment d'entorses et de coups de chaleur lors des opérations menées au Mali, a-t-on appris vendredi auprès de l'état-major des armées françaises.
Les forces franco-tchadiennes mènent depuis plusieurs semaines une offensive dans la vallée d'Ametettai, au coeur du massif des Ifoghas, considéré comme un bastion des groupes islamistes armés, dont Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Le rapatriement de la trentaine de soldats français, qui sont rentrés en France jeudi soir, illustre les difficultés d'opérer dans ces zones en raison du climat et du relief qui rend leur accès difficile, souligne-t-on à l'état major des armées.
L'opération Serval, lancée le 11 janvier dernier pour repousser des groupes islamistes armés qui menaçaient la capitale malienne Bamako, mobilise 4.000 soldats français sur le terrain. Quatre militaires français ont été tués depuis le début des opérations.
Lors d'une visite surprise jeudi dans le nord du Mali, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a assuré aux troupes françaises qu'elles constituaient l'avant-garde de la lutte contre le terrorisme.
Marine Pennetier
© 2013 Reuters - Tous droits de reproduction réservés par Reuters.

Combats dans l'Adrar des Ifhôgas, Armée Française, Mali, du 09/02 au 01/...

mercredi 6 mars 2013

Coup de gueule de jeunes officiers


De jeunes officiers dénoncent une gabegie au sein de l’armée française


En juin 2008, des officiers se réclamant du groupe « Surcouf » critiquèrent vertement, dans une tribune publiée par Le Figaro, les conclusion du Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale (LBDSN), qui venait alors d’être rendu public. Cette fois, d’autres officiers, se disant appartenir au mouvement « Marc Bloch », n’ont pas attendu la publication du nouveau LBDSN, lequel doit prendre en compte les contraintes financières du pays, pour tirer à boulet rouge sur la politique française de défense dans une tribune diffusée par Francetvinfo.fr.
Le choix de donner à leur mouvement le nom de « Marc Bloch »
Ce dernier, historien et résistant, mort fusillé le 16 juin 1944, est l’auteur de L’Étrange défaite, un ouvrage dans lequel il dénonçait la responsabilité des élites d’alors, et en particulier de celle du haut-commandement, dans la « débâcle » de mai-juin 1940.
« Prisonniers de dogmes qu’ils savaient périmés, de programmes qu’ils avaient renoncé à réaliser, les grands partis unissaient, fallacieusement, des hommes qui, sur les grands problèmes du moment – on le vit bien après Munich –, s’étaient formé les opinions les plus opposées. Ils en séparaient d’autres, qui pensaient exactement de même. Ils ne réussissaient pas, le plus souvent, à décider de qui serait au pouvoir. Ils servaient simplement de tremplin aux habiles, qui se chassaient l’un l’autre du pinacle. Nos ministres et nos assemblées nous ont, incontestablement, mal préparés à la guerre », avait ainsi estimé Marc Bloch.
Voilà pour situer l’état d’esprit de ces jeunes officiers, « issus de différents recrutements et appartenant à différents corps » et « engagés pour défendre nos compatriotes, les intérêts et les valeurs de la France ». Pour eux, le constat est clair : alors qu’il est question de demander à la Défense de contribuer, au même titre que les autres ministères, au redressement des comptes publics, ils avancent qu’aujourd’hui, « l’armée française est menacée de déclin ».
Selon eux, des « forces étrangères » qui « manipulent nos gouvernements, diffusent dans l’opinion française l’idée que l’armée n’est plus nécessaire, que ses effectifs peuvent être réduits, que ses moyens peuvent diminuer, que son matériel et son armement peuvent être désuet » en seraient à l’une des causes. Dommage qu’ils n’aient pas précisé leur pensée…
En revanche, ils ne prennent pas de gants pour dénoncer leur hiérarchie, à savoir « des officiers supérieurs et de prétendus “hauts” fonctionnaires » qui « bloquent la nécessité d’une réforme juste, nécessaire, qui nuirait aux intérêts de généraux, de colonels et d’énarques, mais qui serait néanmoins salutaire et dont les seuls prémices suffiraient à lancer le signal d’un redressement ».
Pour ces capitaines et lieutenants, qui n’ont « aucun intérêt financier », il faut « augmenter le budget » de la Défense et réarmer, tout en dénonçant les « gaspillages » et les coupes budgétaires commis au détriment de la capacité opérationnelle.
Ces officiers estiment que ce réarmement doit « prioritairement concerner l’équipement individuel des soldats » et égratignent au passage le système FELIN (Fantassin à équipements et liaisons intégrés). Pour disposer d’une « réelle capacité de projection », écrivent-ils, « l’armée a besoin de transporteurs blindés, d’un deuxième voire d’un troisième porte-avions, d’hélicoptères et d’un deuxième groupe aéronaval. Elle a besoin de blindés sur roues, de matériel chirurgical ». Pour eux, le « prix de l’indépendance est bien inférieur au coût du déclin ».
Mais le mouvement « Marc Bloch » ne fait pas que dénoncer : il fait aussi des propositions qui « peuvent lancer le signal d’un redressement ». Elles sont au nombre de 5 : « augmentation significative du budget de la Défense et financement d’équipements individuels tactiques efficients », « suppression de la 2e section » pour les généraux en retraite, « création d’une commission parlementaire de révision des primes et indemnités des militaires », « maintien de tous les postes de militaires du rang et de sous-officiers qui s’apprêtent à être supprimés » et « maintien des régiments », et enfin « diminution du nombre d’officiers ».
D’après Francetvinfo.fr, ces officiers – ils seraient une dizaine, ayant en moyenne 3 ans de service – outrepassent leur devoir de réserve pour « interpeller l’opinion publique pour éviter que le recueil (ndlr, le LBDSN) ne se trompe, délibérément ou non, de constat ».