lundi 11 février 2013

Le soldat français au foulard à tête de mort aurait été puni de 40 jours d'arrêt


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La photo du soldat français, à Niono (Mali), le 20 janvier 2013, qui a créé la polémique.
La photo du soldat français, à Niono (Mali), le 20 janvier 2013, qui a créé la polémique.
(ISSOUF SANOGO / AFP)
                  
                   La sanction serait bien tombée. Plusieurs sources militaires citées par des médias français affirment que le soldat photographié au mois de janvier avec un foulard à tête de mort sur le visage, au début de l'opération Serval au Mali, a été rapatrié en France et puni de 40 jours d'arrêt. Le blog spécialisé Le Mamouth l'a annoncé jeudi 7 février. Samedi 9 février, le quotidien Midi Libre a donné la même information, citant  anonymement "une source militaire". Interrogé par Le Mamouth, l'état-major des armées "a récusé en bloc ces éléments".
Ce soldat est un légionnaire français du 1er REC, régiment étranger de cavalerie, basé à Orange (Vaucluse). La nouvelle de sa mise à pied a fait réagir certains anciens légionnaires cités par Midi Libre"Il n'y a pas eu mort d'homme, un blâme aurait été suffisant", dit l'un d'entre eux. Selon lui, ce "vol bleu" (rapatriement prématuré pour indiscipline) "risque de peser sur la carrière du militaire". "Une campagne, c'est une médaille, une solde augmentée... Autant d'avantages qui peuvent être remis en question après ce retour au pays."

Une "étude de sanction" était en cours

Le jours de la diffusion de ce cliché, le 22 janvier, le colonel Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées, avait jugé que "le comportement" de ce soldat n'était "pas acceptable (...) Cette image n'est pas représentative de l'action que conduit la France au Mali à la demande de l'Etat malien" et de celle que mènent ses soldats souvent "au péril de leur vie". Deux jours après, l'état-major des armées avait annoncé avoir "identifié" le soldat français, précisant qu'une "étude de sanction était en cours"
Le photographe de l'AFP qui avait pris la photo avait ensuite expliqué sur le site de l'agence comment l'image avait été capturée. Il avait déclaré, à cette occasion : "Je crois, et j’espère, qu’il sera impossible de l’identifier (...) Je ne suis même pas sûr qu’il soit au courant de tout ce que les gens racontent sur son dos !"

Mali: guérilla urbaine à Gao


Mali: guérilla urbaine à Gao


Soldats maliens à Gao le 10 février 2013.
AFP / PASCAL GUYOT
Par RFI
La violente explosion signalée à Gao dans la nuit de dimanche à lundi est le fait d'un bombardement français qui a fait une victime, un jihadiste. Ces deux derniers jours, deux attentats-suicide ont touché la ville tandis que dimanche, une fusillade a éclaté en plein centre ville entre des soldats maliens et des éléments jihadistes. Une attaque qui a été par la suite revendiquée par le Mujao.

Le Mujao a lancé une attaque sur Gao
Un habitant témoigne

Les tirs se sont calmés à 18 h à Gao. (...) L’armée est en train de faire le ratissage, notamment dans les quartiers de la périphérie. (...) Les gens sont terrés dans leurs maisons.

Écouter (01:06)


10/02/2013 par Christine Muratet

L'armée française a bombardé dans la nuit de dimanche à lundi le commissariat de Gao où se trouvaient des islamistes armés qui avaient affronté des soldats de l'armée malienne dans la journée de dimanche.

Plusieurs témoins ont dit avoir vu « un hélicoptère » de l'armée française bombarder le bâtiment, totalement détruit. Un témoin a affirmé de son côté qu'un des islamistes qui se trouvait à l'intérieur du commissariat s'était également fait exploser.

Les combats de dimanche ont opposé « plusieurs dizaines » de combattants du Mujao, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest à l’armée malienne et à l’armée française.

Les échanges de tirs ont eu lieu dans l’après-midi, d’abord près du commissariat central, un bâtiment du centre ville de Gao, puis à proximité du gouvernorat. Les combats ont duré plusieurs heures.

L’électricité a été coupée, et la ville a été plongée dans le noir. Ces affrontements ont évidemment provoqué la terreur des habitants qui sont restées cloitrés chez eux.

Les militaires maliens affirment quant à eux que « les effectifs islamistes infiltrés en ville ont été fortement réduits » et qu’il y a eu « beaucoup d'islamistes tués », mais qu'il n’est pas exclu que certains jihadistes soient toujours présents dans la ville. L’armée française a évacué une cinquantaine de journalistes qui étaient présents à Gao.

Ce qui signifie que Gao n'est pas entièrement reprise et que des combattants islamistes y sont bien présents. Il y a une semaine, lorsque les soldats maliens et français avaient investi la ville, ils l’avaient fait sans combattre. Mais les combattants islamistes n’avaient donc pas tous décampé, ils étaient là, dans ou autour de la ville.

Vendredi, un kamikaze s’était déjà fait exploser dans un marché, sans faire de victimes. Puis, deux adolescents avaient été arrêtés dans la zone, portant des ceintures d’explosifs, et un autre kamikaze s’était fait exploser dans la nuit de samedi à dimanche, hors de la ville, là encore sans tuer personne.

Les jihadistes du Mujao ont menacé d’organiser de nouveaux attentats-suicides et d’attaquer des convois. Ils affirment également avoir posé de nombreuses mines sur les routes alentours. Ces derniers jours, deux explosions ont déjà fait six victimes.

La situation est donc tout à fait incertaine, et si les islamistes ne sont pas en position de force à Gao, on peut néanmoins dire qu’ils ont initié une nouvelle phase des combats, et que Gao n’est pas, aujourd’hui, une ville sous contrôle.

« Les combats vont se continuer jusqu'à la victoire », a déclaré un porte-parole du Mujao, qui affirme que « les moujahidines, les soldats de Dieu, sont dans la ville de Gao et qu’ils y resteront ».

Contre-attaque surprise des djihadistes à Gao

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 Après deux attentats suicides, les islamistes ont lancé dimanche un assaut coordonné sur la ville du Nord.

À Gao, dimanche matin, des marsouins de la 1re compagnie du 2e Rima sécurisent  la zone où deux attentats suicides ont été perpétrés en moins de 48 heures.
À Gao, dimanche matin, des marsouins de la 1re compagnie du 2e Rima sécurisent  la zone où deux attentats suicides ont été perpétrés en moins de 48 heures. Crédits photo : PASCAL GUYOT/AFP


Envoyé  spécial à Gao

Le centre de Gao est de nouveau en proie à la guerre. Surgis d'on ne sait où, des combattants islamistes ont lancé dimanche un assaut coordonné en plusieurs points de cette ville importante du Nord, notamment sur la place centrale et contre un commissariat.
En début d'après-midi, des tireurs en embuscade sur les toits attaquent un hôtel de police. Les balles fusent dans la rue, mais l'armée tient ses positions. La population affolée prend la fuite. Des tirs nourris d'armes automatiques sont échangés pendant plusieurs heures entre les assaillants et l'armée malienne.
Des membres du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) se sont infiltrés en ville pour une attaque coordonnée. Un «taliban» en tenue noire est abattu après une traque. Les combats touchent la place de la Charia, baptisée ainsi par les anciens maîtres de la cité. Ils paraissent plus confus que ceux du quartier du commissariat, mais ils restent intenses.
En fin d'après-midi, l'armée française, qui compte 900 hommes et d'importants moyens aériens sur place, fait intervenir une colonne blindée pour exfiltrer une cinquantaine de journalistes coincés au milieu des combats sur la place de la Charia. La colonne est prise à son tour sous les tirs et bloquée de longues minutes. Pour dégager la voie au cortège dans les rues étroites, les soldats français ouvrent le feu. Il y aurait au moins deux blessés, dans les rangs maliens ou français. Jusqu'à la tombée de la nuit des opérations franco-maliennes se déroulent avant que Gao ne plonge dans le noir.

«Les terroristes ont faim»

Prélude à cette riposte surprise des islamistes, deux attentats suicides ont été perpétrés en moins de 48 heures en périphérie de la ville. Des attaques d'abord perçues comme l'amorce d'une nouvelle stratégie de harcèlement par les djihadistes chassés de Gao le 26 janvier dernier.
Dimanche matin, une colonne de blindés français avait «sécurisé» la zone des attentats. Les marsouins de la 1re compagnie du 2e RIMa estimaient avoir, en jargon militaire, «dépollué» les lieux. De leur côté, les forces maliennes avaient dressé des barrages dans le centre-ville. «Un terroriste a sauté un muret et s'est précipité vers les soldats en criant “Allaho Akhbar”, racontait un officier malien sur place. Ces gens cherchent à s'infiltrer, mais ils n'y parviennent pas.»
À la lumière des événements qui ont suivi, on peut se demander si les anciens «propriétaires» de la ville n'ont pas simplement fait diversion avec ces attentats suicides, pour s'infiltrer dans la ville avant de lancer leur assaut. «Les terroristes tentent d'entrer dans Gao car ils n'ont plus rien à manger quatre semaines après leur départ. Ils ont faim», croyait savoir dimanche un habitant.
Chaque jour et chaque nuit, la ville est survolée par les Mirage 2000. L'aéroport accueille sur son tarmac des hélicoptères de combat - des Puma, des Alouette et des Tigre. Gao est la plaque tournante des frappes françaises dans le Nord, où sont retranchés certains éléments du Mujao, d'Ansar Dine et d'Aqmi. Avant l'attaque, des voyageurs affirmaient avoir croisé des combattants entre Tombouctou et Gao, et jusqu'aux portes de Gao. «Il y a des poches résiduelles, près de Bourem notamment. Notre mission à venir est complexe car il va falloir rayonner autour de nos bases. Cette fois on est entré dans le dur», expliquait dimanche un officier français.
Les membres du Mujao avaient, depuis le début de l'opération «Serval», choisi la stratégie de l'évitement. C'en est fini, à l'évidence. Une nouvelle phase de la guerre pourrait s'amorcer, où les forces franco-maliennes n'auraient plus toujours l'initiative. En témoignent les restes du kamikaze, qui reposent en vrac sur une brouette, devant un petit pont protégé par des grands sacs de sucre et des branchages.






dimanche 10 février 2013

Mali. L'explosion entendue à Gao était un bombardement de l'armée française


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Des soldats français font exploser une mine au nord de Gao (Mali), le 10 février 2013.
Des soldats français font exploser une mine au nord de Gao (Mali), le 10 février 2013.
(PASCAL GUYOT / AFP)

         N n nnL'explosion qui a retenti lundi 11 février avant l'aube à Gao, grande ville du nord du Mali cible de deux attentats suicides en 48 heures, était en fait un bombardement de l'armée française, selon des témoins cités par l'AFP. L'armée française a pilonné dans la nuit le commissariat de la ville de Gao, théâtre d'attaques répétées des islamistes, ce qui avait fait craindre un nouvel attentat suicide. Un témoin a affirmé de son côté qu'un des islamistes qui se trouvait à l'intérieur du bâtiment s'était également fait exploser. Selon des soldats maliens, l'explosion semblait venir du nord de la ville,"peut-être du check-point sur la route de Bouren", qui avait été attaqué vendredi matin par un kamikaze islamiste, puis de nouveau samedi soir, également par un kamikaze.
La sécurité du poste de contrôle avait été fortement renforcée depuis qu'un homme portant un uniforme de la gendarmerie malienne s'était fait exploser vendredi à proximité, dans le premier attentat-suicide enregistré au Mali et revendiqué par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Et l'attaque de ce poste de contrôle survenue samedi soir aurait permis l'infiltration d'un commando qui a harcelé les troupes maliennes dimanche.

Gao "pas totalement sécurisée", selon Fabius

"Beaucoup d'islamistes" auraient été tués lors des affrontements à Gao, selon un officier de l'armée malienne, mais des journalistes de l'AFP sur place n'ont pas encore pu vérifier cette information. En ville, les combats se sont interrompus à la tombée de la nuit, dimanche. Mais des sources françaises et maliennes ont confié qu'elles craignaient une présence encore durable de francs-tireurs dans la ville.
Les combats ont vidé les rues de Gao, contraignant les habitants à se terrer dans leurs maisons. L'armée française a par ailleurs indiqué avoir évacué une cinquantaine de journalistes du centre de Gao. Des militaires français patrouillaient dimanche au côté de soldats et gendarmes maliens, très nerveux, tandis qu'un hélicoptère d'attaque Tigre français survolait la zone.
Dimanche soir, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a admis que la situation dans la ville de Gao n'était "pas totalement sécurisée". Interrogé sur BFMTV, il n'a pas exclu la possibilité de nouvelles incursions de groupes jihadistes, même s'il a assuré que ces derniers avaient "été frappés durement" depuis le début de l'intervention militaire française, le 11 janvier. 






Le Mujao a lancé une attaque sur Gao



Un habitant témoigne
Les tirs se sont calmés à 18 h à Gao. (...) L’armée est en train de faire le ratissage, notamment dans les quartiers de la périphérie. (...) Les gens sont terrés dans leurs maisons.
 
10/02/2013 par Christine Muratet

samedi 9 février 2013

Mali : l'armée renforce la sécurité à Gao et craint les attaques kamikazes


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Un convoi militaire français circule dans la région de Gao (Mali), le 7 février 2013.

Un convoi militaire français circule dans la région de Gao (Mali), le 7 février 2013.

(PASCAL GUYOT / AFP)



Les groupes islamistes armés n'ont pas affronté frontalement les soldats français et maliens. En revanche, ils semblent avoir opté pour les attentats suicides et la pose de mines sur les routes. Deux jeunes portant des ceintures bourrées d'explosifs ont ainsi été arrêtés samedi 9 février à 20 kilomètres au nord de Gao, au lendemain du premier attentat suicide au Mali, survenu dans cette même ville située à 1 200 km au nord-est de Bamako. 

Deux jeunes arrêtés avec des ceintures d'explosif

"Nous avons arrêté tôt aujourd'hui deux jeunes, un Arabe et un Touareg. Ils avaient une ceinture d'explosifs et ils étaient sur le dos de deux ânes", a déclaré à l'AFP Oumar Maïga, le fils du chef du village local. Ils ont été arrêtés sur la route menant à Bourem et à Kidal, à 20 km de l'entrée nord de Gao, où un homme s'est fait exploser vendredi dans un attentat suicide visant des militaires maliens, blessant légèrement l'un d'entre eux.
Cet attentat, survenu dans cette ville reprise le 26 janvier aux islamistes, a été revendiqué par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), l'un des groupes armés qui occupait depuis des mois le nord du Mali. 

La sécurité renforcée

Depuis l'attentat de vendredi, Gao semble en état de siège, indique l'AFP. Soldats et gendarmes maliens se sont affairés à renforcer les postes aux entrées de la ville, y empilant des sacs de sable. Des arbres ont été rasés pour améliorer la visibilité et les patrouilles ont été doublées. Chaque cargaison entrant dans la ville est par ailleurs fouillée, alors que les menaces de nouvelles attaques sont prises au sérieux. 
"Dès qu'on sort de plus de quelques kilomètres de Gao, c'est dangereux, a confié à l'AFP un officier malien. On peut se faire tirer dessus". Et pour cause, plusieurs des villages entourant Gao sont acquis à la cause des islamistes, selon des sources militaires, française et maliennes. 
Des mines ont par ailleurs été découvertes sur les routes aux alentours de la ville. Ce type de dispositif a causé la mort de quatre civils maliens mercredi. Le lendemain, le Mujao avait dit avoir créé "une nouvelle zone de conflit", promettant d'attaquer des convois, de poser des mines et "d'organiser des kamikazes".

Mali: 800 soldats français, une mine, le sable, le cagnard et les pannes



Un convoi de soldats français en direction de Gao le 7 février 2013
Un convoi de soldats français en direction de Gao le 7 février 2013 (Photo Pascal Guyot. AFP)
        Ils étaient quelque 800 soldats français dans 250 véhicules à parcourir jeudi les 400 kilomètres séparant les villes de Douentza et Gao, dans le nord du Mali. Un chemin de croix : 13 heures de route, de multiples pannes mécaniques et la crainte des mines, dont l'une sera d'ailleurs trouvée.


Venu de Dakar au Sénégal, à 2.500 km de Bamako, le convoi de chars, de blindés lourds et légers, de 4X4 et de camions de ravitaillement avait quitté la capitale malienne mardi matin.
Après un premier bivouac à Sévaré (630 km au nord-est de Bamako, centre) et un second près de Douentza (800 km au nord-est de Bamako), il était reparti jeudi vers 05H00 du matin pour sa destination finale, Gao, via 400 km d'infâme bitume constellé de nids-de-poule.
C'est notamment dans ces trous que les islamistes liés à Al-Qaïda, incapables de soutenir un combat frontal, pilonnés par l'aviation française depuis le début de l'intervention militaire le 11 janvier pour stopper leur progression vers le sud, cachent la nuit leurs mines, souvent des engins artisanaux, selon des sources militaires.
Les soldats en découvrent quotidiennement depuis une dizaine de jours, un phénomène qui rappelle la stratégie des insurgés afghans et qui a déjà fait plusieurs morts, dont quatre civils mercredi.
Après à peine une heure et demie de route, un premier char est arrêté, le capot moteur démonté. Ses passagers fument une cigarette d'un air morne dans la chaleur accablante, entourés de superbes montagnes verticales rappelant des décors de western.
Véhicules de 30 ans
"C'est comme faire le Paris-Dakar avec des véhicules blindés qui ont 30 ans", explique un soldat français. A la demande de l'armée, tous les militaires ayant parlé à l'AFP ont requis l'anonymat.
Dès qu'un véhicule est immobilisé, d'autres se positionnent autour, leurs canons tournés vers la brousse aride de sable et d'arbres rachitiques, et des soldats se déploient pour sécuriser la zone.
"On est face à un ennemi asymétrique", très affaibli, qui a désormais opté pour la guérilla mais possède néanmoins "quelques missiles antichars, voire antiaériens", commente un officier.
Les pannes se multiplient, les conditions (chaleur, sable, chaussée défoncée) n'arrangent rien. Et les grosses machines ne sont pas climatisées: "à l'intérieur, ça monte à 50 à 60 degrés", rigole un sous-officier.
Près de Gossi, après 230 km de route, tout le convoi s'immobilise. Une heure passe.
"On a trouvé un IED" (Improvised explosive device), indique un soldat utilisant l'acronyme inventé par l'armée américaine pour désigner les mines artisanales en Irak et en Afghanistan.
Impossible de déterminer par la suite le type d'engin découvert : l'information est cloisonnée par mesure de sécurité.
Gossi est une bourgade misérable. La population est massée au bord de la route, acclamant les soldats dans la poussière: "Mali, Mali !", ou encore "Mali, France!".
Une sympathie envers les vainqueurs du jour qui n'est pas unanime : des villages de brousse sont favorables aux combattants islamistes, confient militaires français et maliens.
Les premiers véhicules arriveront vers 18H00 à Gao, la grande ville du nord malien (1.200 km au nord-est de Bamako) reprise le 26 janvier aux groupes islamistes armés, et clé d'accès aux agglomérations du désert, Kidal et Tessalit, loin au nord, vers la frontière algérienne.
Les derniers éléments, certains remorqués car la mécanique n'a pu être réparée, se gareront dans l'aéroport où sont basés les Français à 03H00 vendredi.
Quelques heures plus tard, un jeune Touareg se fait sauter à un poste de contrôle à l'entrée de Gao, blessant légèrement un militaire malien.