samedi 9 février 2013

Mali : l'armée renforce la sécurité à Gao et craint les attaques kamikazes


Mis à jour le  , publié le 



Un convoi militaire français circule dans la région de Gao (Mali), le 7 février 2013.

Un convoi militaire français circule dans la région de Gao (Mali), le 7 février 2013.

(PASCAL GUYOT / AFP)



Les groupes islamistes armés n'ont pas affronté frontalement les soldats français et maliens. En revanche, ils semblent avoir opté pour les attentats suicides et la pose de mines sur les routes. Deux jeunes portant des ceintures bourrées d'explosifs ont ainsi été arrêtés samedi 9 février à 20 kilomètres au nord de Gao, au lendemain du premier attentat suicide au Mali, survenu dans cette même ville située à 1 200 km au nord-est de Bamako. 

Deux jeunes arrêtés avec des ceintures d'explosif

"Nous avons arrêté tôt aujourd'hui deux jeunes, un Arabe et un Touareg. Ils avaient une ceinture d'explosifs et ils étaient sur le dos de deux ânes", a déclaré à l'AFP Oumar Maïga, le fils du chef du village local. Ils ont été arrêtés sur la route menant à Bourem et à Kidal, à 20 km de l'entrée nord de Gao, où un homme s'est fait exploser vendredi dans un attentat suicide visant des militaires maliens, blessant légèrement l'un d'entre eux.
Cet attentat, survenu dans cette ville reprise le 26 janvier aux islamistes, a été revendiqué par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), l'un des groupes armés qui occupait depuis des mois le nord du Mali. 

La sécurité renforcée

Depuis l'attentat de vendredi, Gao semble en état de siège, indique l'AFP. Soldats et gendarmes maliens se sont affairés à renforcer les postes aux entrées de la ville, y empilant des sacs de sable. Des arbres ont été rasés pour améliorer la visibilité et les patrouilles ont été doublées. Chaque cargaison entrant dans la ville est par ailleurs fouillée, alors que les menaces de nouvelles attaques sont prises au sérieux. 
"Dès qu'on sort de plus de quelques kilomètres de Gao, c'est dangereux, a confié à l'AFP un officier malien. On peut se faire tirer dessus". Et pour cause, plusieurs des villages entourant Gao sont acquis à la cause des islamistes, selon des sources militaires, française et maliennes. 
Des mines ont par ailleurs été découvertes sur les routes aux alentours de la ville. Ce type de dispositif a causé la mort de quatre civils maliens mercredi. Le lendemain, le Mujao avait dit avoir créé "une nouvelle zone de conflit", promettant d'attaquer des convois, de poser des mines et "d'organiser des kamikazes".

Mali: 800 soldats français, une mine, le sable, le cagnard et les pannes



Un convoi de soldats français en direction de Gao le 7 février 2013
Un convoi de soldats français en direction de Gao le 7 février 2013 (Photo Pascal Guyot. AFP)
        Ils étaient quelque 800 soldats français dans 250 véhicules à parcourir jeudi les 400 kilomètres séparant les villes de Douentza et Gao, dans le nord du Mali. Un chemin de croix : 13 heures de route, de multiples pannes mécaniques et la crainte des mines, dont l'une sera d'ailleurs trouvée.


Venu de Dakar au Sénégal, à 2.500 km de Bamako, le convoi de chars, de blindés lourds et légers, de 4X4 et de camions de ravitaillement avait quitté la capitale malienne mardi matin.
Après un premier bivouac à Sévaré (630 km au nord-est de Bamako, centre) et un second près de Douentza (800 km au nord-est de Bamako), il était reparti jeudi vers 05H00 du matin pour sa destination finale, Gao, via 400 km d'infâme bitume constellé de nids-de-poule.
C'est notamment dans ces trous que les islamistes liés à Al-Qaïda, incapables de soutenir un combat frontal, pilonnés par l'aviation française depuis le début de l'intervention militaire le 11 janvier pour stopper leur progression vers le sud, cachent la nuit leurs mines, souvent des engins artisanaux, selon des sources militaires.
Les soldats en découvrent quotidiennement depuis une dizaine de jours, un phénomène qui rappelle la stratégie des insurgés afghans et qui a déjà fait plusieurs morts, dont quatre civils mercredi.
Après à peine une heure et demie de route, un premier char est arrêté, le capot moteur démonté. Ses passagers fument une cigarette d'un air morne dans la chaleur accablante, entourés de superbes montagnes verticales rappelant des décors de western.
Véhicules de 30 ans
"C'est comme faire le Paris-Dakar avec des véhicules blindés qui ont 30 ans", explique un soldat français. A la demande de l'armée, tous les militaires ayant parlé à l'AFP ont requis l'anonymat.
Dès qu'un véhicule est immobilisé, d'autres se positionnent autour, leurs canons tournés vers la brousse aride de sable et d'arbres rachitiques, et des soldats se déploient pour sécuriser la zone.
"On est face à un ennemi asymétrique", très affaibli, qui a désormais opté pour la guérilla mais possède néanmoins "quelques missiles antichars, voire antiaériens", commente un officier.
Les pannes se multiplient, les conditions (chaleur, sable, chaussée défoncée) n'arrangent rien. Et les grosses machines ne sont pas climatisées: "à l'intérieur, ça monte à 50 à 60 degrés", rigole un sous-officier.
Près de Gossi, après 230 km de route, tout le convoi s'immobilise. Une heure passe.
"On a trouvé un IED" (Improvised explosive device), indique un soldat utilisant l'acronyme inventé par l'armée américaine pour désigner les mines artisanales en Irak et en Afghanistan.
Impossible de déterminer par la suite le type d'engin découvert : l'information est cloisonnée par mesure de sécurité.
Gossi est une bourgade misérable. La population est massée au bord de la route, acclamant les soldats dans la poussière: "Mali, Mali !", ou encore "Mali, France!".
Une sympathie envers les vainqueurs du jour qui n'est pas unanime : des villages de brousse sont favorables aux combattants islamistes, confient militaires français et maliens.
Les premiers véhicules arriveront vers 18H00 à Gao, la grande ville du nord malien (1.200 km au nord-est de Bamako) reprise le 26 janvier aux groupes islamistes armés, et clé d'accès aux agglomérations du désert, Kidal et Tessalit, loin au nord, vers la frontière algérienne.
Les derniers éléments, certains remorqués car la mécanique n'a pu être réparée, se gareront dans l'aéroport où sont basés les Français à 03H00 vendredi.
Quelques heures plus tard, un jeune Touareg se fait sauter à un poste de contrôle à l'entrée de Gao, blessant légèrement un militaire malien.

jeudi 7 février 2013

Mali : soldats français et tchadiens proches de la frontière algérienne



Un convoi de soldats français en direction de Gao, le 7 février au Mali.
Un convoi de soldats français en direction de Gao, le 7 février au Mali. (Photo Pascal Guyot. AFP)


Dans le même temps, une ex-ambassadrice américaine affirme que Paris a versé une rançon de 17 millions de dollars pour la libération de quatre otages retenus depuis 2010 au Sahel.

Des soldats français et tchadiens sont arrivés jeudi soir à Aguelhok, dans l’extrême nord-est du Mali, dans la région de Kidal qui constitue le dernier fief des groupes islamistes armés, près de la frontière algérienne. Cette nouvelle avancée des forces françaises survient alors que les islamistes, qui ont abandonné presque sans combats le nord du Mali, ont affirmé jeudi avoir ouvert un nouveau front, en posant des mines qui ont tué quatre civils maliens mercredi dans une explosion.
Les régions d’Aguelhok et de Tessalit, à 200 km au nord de Kidal, sont la cible depuis plusieurs jours d’intenses frappes aériennes françaises, visant des dépôts logistiques et des centres d’entraînement des groupes islamistes. Aguelhok, à moins de 300 km de la frontière algérienne, avait été le théâtre, en janvier 2012, du massacre d’une centaine de soldats et de civils maliens, peu après la prise de la ville par des rebelles touareg et des islamistes armés.
Elle se situe dans le massif des Ifoghas, vaste zone de montagnes et de grottes où selon des experts et des sources de sécurité, une bonne partie des chefs et des combattants des groupes islamistes se sont réfugiés. Parmi eux, se trouveraient l’Algérien Abou Zeïd, un des émirs les plus radicaux d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) et Iyad Ag Ghaly, chef d’Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), un ex-rebelle touareg malien des années 1990, originaire de Kidal qui connaît parfaitement la région.
C’est aussi dans cette région que les sept otages français au Sahel seraient détenus.

Rançon

Une ex-ambassadrice américaine à Bamako a d'ailleurs affirmé dans un entretien à iTélé ce vendredi que Paris aurait payé une rançon de 17 millions de dollars pour la libération de ces quatre otages, enlevés au Niger il y a deux ans. «Il y a deux ans, Aqmi a pris des Français en otages dans une mine d’uranium au nord du Niger, et pour faire libérer ces otages la France a payé une rançon d’environ 17 millions de dollars», déclare dans cette interview Vicki J. Huddleston, qui fut ambassadrice au Mali de 2002 à 2005.
«Les rançons, comme toutes les rançons, ont été payées indirectement. Elles ont terminé entre les mains du gouvernement malien et ensuite elles sont retournées, du moins une partie, aux salafistes», a-t-elle ajouté.
Aucun combat n’a été signalé à Aguelhok. Mais un porte-parole du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) a assuré jeudi avoir ouvert un nouveau front face aux soldats français, maliens et africains en minant massivement les routes qu’ils doivent emprunter.
«Nous avons réussi à créer une nouvelle zone de conflit, à organiser des attaques de convois et organiser des kamikazes», a déclaré dans un communiqué adressé à l’AFP Abu Walid Sahraoui. «Nous appelons les citoyens à ne pas se déplacer sur les routes nationales parce qu’il y a danger de champs de mines», a-t-il souligné, tout en «exhortant au jihad (guerre sainte) contre les régimes infidèles, pour établir la charia (loi islamique) et libérer les musulmans».
Le Mujao, l’un des groupes islamistes armés qui ont contrôlé le Nord du Mali pendant plus de neuf mois, multipliant les exactions, a ainsi revendiqué deux récentes explosions de mines qui ont frappé des véhicules de civils et de soldats maliens.
Mercredi, un véhicule «a sauté sur une mine posée par les criminels islamistes entre Douentza et Gao. Il y a eu quatre morts», a déclaré à l’AFP un officier de la gendarmerie de Douentza, à 800 km au nord-est de Bamako.
Dans un premier temps, cet officier avait affirmé que les quatre victimes étaient des soldats maliens. «C'étaient des civils qui revenaient d’une foire, sur un marché hebdomadaire dans la région», a ensuite précisé le responsable de la gendarmerie. Cette dernière information a été confirmée par un membre du syndicat local des transporteurs.
Les militaires français ont fait part à plusieurs reprises de leur vigilance à l'égard d'éventuelles mines ou bombes artisanales, que les islamistes auraient pu dissimuler avant de prendre la fuite.
A New York, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a d’ailleurs souligné jeudi les risques d’une guérilla au Mali tout en se réjouissant du succès de l’offensive militaire française. «Les opérations militaires ont jusqu’ici été efficaces et réussies», a-t-il estimé devant quelques journalistes, soulignant que «les jihadistes, les groupes armés et les éléments terroristes ont semble-t-il fui». «Mais notre préoccupation est qu’ils pourraient revenir. Ils ripostent dans certaines zones (...) et cela pourrait affecter les pays de la région», a-t-il ajouté.
(AFP)

mercredi 6 février 2013

Les soldats français pourraient se retirer du Mali dès mars

Les soldats français pourraient se retirer du Mali dès mars
Par lefigaro.frMis à jour  | publié 
Quatre mille soldats français se trouvent au Mali.
Quatre mille soldats français se trouvent au Mali. 

Dans un entretien à Metro, Laurent Fabius a ébauché un début de calendrier sur le retrait. D'après un bilan du ministère de la Défense, plusieurs centaines de combattants islamistes ont été tués en trois semaines.

Certains des 4000 militaires français déployés au Mali ne pourraient y rester que quelques semaines de plus. Dans un entretien à Metro , le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a pour la première fois évoqué un calendrier de retrait. «Je pense qu'à partir de mars, si tout se passe comme prévu, le nombre de troupes françaises devrait diminuer», a avancé le ministre des Affaires étrangères. L'information a été confirmée quelques heures plus tard par le président de la République. «François Hollande a expliqué qu'à partir du mois de mars, les troupes déployées au Mali devraient diminuer», a rapporté la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.
«Ce sont les Africains et les Maliens eux-mêmes qui doivent être les garants de la sécurité, de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de ce pays. C'est pourquoi nous allons, progressivement, passer le relais à la Misma (la mission militaire africaine, NDLR). Nous-mêmes, nous allons continuer à agir au nord, où il reste des foyers terroristes», justifiait dans Metro Laurent Fabius. À terme, la Misma comprendra environ 6000 soldats, dont 2000 seulement sont déjà au Mali. En revanche, le dispositif français ne sera pas augmenté, les 4000 hommes sur place sont le «format maximum».
Prudent, le chef du Quai d'Orsay appelle toutefois «à rester sur ses gardes» pour parer à tout risque de contre-offensive des islamistes. «Les groupes narcoterroristes ont été stoppés, grâce aux frappes. Mais il peut toujours se produire des actions individuelles», prévient-il. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a ainsi confirmé mercredi sur Europe 1 que des «accrochages» avaient eu lieu mardi dans les environ de Gao. «À partir du moment où nos forces, soutenues par les forces maliennes, ont commencé à faire des missions et des patrouilles autour des villes que nous avons prises, on rencontre des groupes djihadistes résiduels et qui se battent», a rappelé le ministre.

Pas d'éléments nouveaux sur les otages

Sur la question des otages détenus au Sahel, Laurent Fabius a déclaré ne pas «avoir d'éléments nouveaux». Interrogé également sur le coût de l'intervention, le ministre n'a pas non plus donné de détails, évoquant «quelques dizaines de millions d'euros, une somme prévue dans le budget de la défense». Ce week-end, son collègue et ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait évalué le coût des trois premières semaines d'intervention à 50 millions d'euros.
Laurent Fabius a fourni, mardi pour la première fois, un bilan humain de l'opération «Serval». Plusieurs centaines de combattants islamistes ont été tués depuis trois semaines. Ils ont péri dans les frappes aériennes sur des pick-up transportant des hommes ou du matériel de guerre et pendant des combats directs, frontaux à Konna et Gao. Un officier français, pilote d'hélicoptère, a été tué le 11 janvier au premier jour de l'opération et plusieurs blessés légers sont à déplorer. Bamako avait fait état à la mi-janvier de 11 militaires maliens morts à Konna, mais n'a pas donné de nouveaux chiffres depuis.

mardi 5 février 2013

Mali : Joe Biden salue la compétence" des soldats français







  Mali : Joe Biden salue la compétence" des soldats français

Depuis le 27 janvier, 30 vols ont été accomplis par des C17 de l'US Air Force. Ils ont transporté 610 hommes et 760 tonnes d'équipement et de provisions.



             L'armée de l'air américaine a effectué trente vols pour aider la France engagée militairement au Mali, a annoncé lundi soir un porte-parole du ministère américain de la Défense. "Des C-17 de l'US Air Force ont accompli 30 vols pour transporter quelque 610 hommes et 760 tonnes d'équipement et de provisions" à la date du dimanche 3 février, a précisé le porte-parole, le commandant Rob Firman.

"Depuis que le ravitaillement aérien a débuté le 27 janvier, l'US Air Force a effectué neuf missions et a transporté 180 000 litres de carburant pour l'aviation française", a-t-il ajouté. Ces précisions ont été apportées après que le vice-président américain Joe Biden eut salué lundi l'intervention "décisive" de la France au Mali. Joe Biden a salué le "courage" et "la compétence impressionnante" des soldats français au Mali.

Soldats français et maliens poursuivent dans le nord-est du Mali la traque des islamistes qui s'y sont réfugiés depuis la chute des grandes villes de Gao, Tombouctou et Kidal.

Point.fr - Publié le 

samedi 2 février 2013

EN IMAGES. Avec les militaires français dans Tombouctou libérée

EN IMAGES. Avec les militaires français dans Tombouctou libérée


 Un militaire français patrouille dans la ville de Tombouctou, libérée des djihadistes. LP/Philippe de Poulpiquet


En marge de la visite de François Hollande, une patrouille de militaires français sillonne dans la ville de Tombouctou, libérée des djihadistes. LP/Philippe de Poulpiquet


Libérée de l’ opression des djihadistes, la population de Tombouctou se montre très reconnaissante envers l’armée française. LP/Philippe de Poulpique


Même s’ils ont libéré la ville de Tombouctou, les militaires français restent vigilants. LP/Philippe de Poulpiquet


Un militaire français monte la garde dans la ville libérée de Tombouctou. LP/Philippe de Poulpiquet


Un militaire français monte la garde dans la ville libérée de Tombouctou. LP/Philippe de Poulpiquet


En attendant le renfort des armées africaines, les blindés des forces françaises assurent la sécurité dans les rues de Tombouctou. LP/Philippe de Poulpiquet


En libérant Tombouctou, les militaires français ont découvert les restes d’anciens manuscrits brûlés par les djihadistes. LP/Philippe de Poulpiquet


Les militaires maliens ont étroitement collaboré avec les forces françaises pour libérer Tombouctou. LP/Philippe de Poulpiquet


Malgré le départ des djihadistes, les militaires français présents à Tombouctou restent vigilants. LP/Philippe de Poulpiquet
En marge de la visite officielle de  au Mali, l‘armée française est toujours à l’ oeuvre dans sa lutte contre les djihadistes. Quelques jours après avoir libéré Tombouctou, les militaires tricolores aident la population locale à reprendre une vie normale.

LeParisien.fr