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vendredi 25 janvier 2013
L'armée américaine autorise les femmes aux postes de combat
L'armée américaine autorise les femmes aux postes de combat
Mis à jour le , publié le
Monica Brown, qui sert dans la 82e division aérienne de l'armée américaine, a été décorée pour sa bravoure au combat. Ici, le 3 août 2010 à la base militaire de Salerno, en Afghanistan.
(US ARMY / REUTERS)
En pratique, la règle était déjà obsolète, mais elle figurait toujours dans les textes. Ce ne sera plus le cas : l'armée américaine autorise désormais les femmes à occuper les postes de combat, a annoncé, jeudi 24 janvier, le ministre de la Défense, Léon Panetta.
Depuis une règle instituée en 1994, les femmes, au nombre de 204 714 dans l'armée américaine (hors réserve et garde nationale), soit 14,5% des effectifs, n'étaient pas censées servir au combat. Concrètement, elles ne pouvaient servir dans une section d'infanterie ou dans les forces spéciales.
En pratique, les femmes déjà en première ligne
Mais l'évolution des conflits auxquels est confrontée l'armée américaine a rendu cette règle caduque, en plus d'être discriminatoire : les femmes, autorisées à servir par exemple à certains postes d'artillerie ou comme officier de renseignement, ont été largement confrontées au combat en Irak et en Afghanistan, conflits sans réelle ligne de front.
Elles ont déjà payé le prix du sang : 144 d'entre elles ont été tuées depuis 2001, selon des données du Pentagone datant de février 2012. Plus de 280 000 Américaines ont servi en Irak et en Afghanistan durant cette période, soit 12% des effectifs déployés.
"Les femmes ont montré un grand courage (...) et ont prouvé leur capacité à servir dans un nombre de plus en plus grand de missions, a souligné Leon Panetta.L'objectif du département [de la Défense], en abrogeant cette règle, est de s'assurer que les missions soient accomplies par les personnes les mieux qualifiées et les plus capables, indépendamment de leur sexe."
Un nouveau signe d'évolution pour l'armée
Moins d'un an et demi après l'abolition de politique dite "Don't ask, don't tell", qui obligeait les militaires gays et lesbiennes à taire leur homosexualité, ce nouveau changement constitue une évolution majeure de philosophie pour le Pentagone.
Contrairement à la France, aux Etats-Unis, les femmes peuvent même, depuis janvier 2011, servir à bord des sous-marins américains. Sous réserve que ceux-ci soient aménagés dans des quartiers adéquats pour les héberger.
Francetv info avec AFP
L'armée américaine autorise les femmes aux postes de combat
Mis à jour le , publié le
Monica Brown, qui sert dans la 82e division aérienne de l'armée américaine, a été décorée pour sa bravoure au combat. Ici, le 3 août 2010 à la base militaire de Salerno, en Afghanistan.
(US ARMY / REUTERS)
En pratique, la règle était déjà obsolète, mais elle figurait toujours dans les textes. Ce ne sera plus le cas : l'armée américaine autorise désormais les femmes à occuper les postes de combat, a annoncé, jeudi 24 janvier, le ministre de la Défense, Léon Panetta.
Depuis une règle instituée en 1994, les femmes, au nombre de 204 714 dans l'armée américaine (hors réserve et garde nationale), soit 14,5% des effectifs, n'étaient pas censées servir au combat. Concrètement, elles ne pouvaient servir dans une section d'infanterie ou dans les forces spéciales.
En pratique, les femmes déjà en première ligne
Mais l'évolution des conflits auxquels est confrontée l'armée américaine a rendu cette règle caduque, en plus d'être discriminatoire : les femmes, autorisées à servir par exemple à certains postes d'artillerie ou comme officier de renseignement, ont été largement confrontées au combat en Irak et en Afghanistan, conflits sans réelle ligne de front.
Elles ont déjà payé le prix du sang : 144 d'entre elles ont été tuées depuis 2001, selon des données du Pentagone datant de février 2012. Plus de 280 000 Américaines ont servi en Irak et en Afghanistan durant cette période, soit 12% des effectifs déployés.
"Les femmes ont montré un grand courage (...) et ont prouvé leur capacité à servir dans un nombre de plus en plus grand de missions, a souligné Leon Panetta.L'objectif du département [de la Défense], en abrogeant cette règle, est de s'assurer que les missions soient accomplies par les personnes les mieux qualifiées et les plus capables, indépendamment de leur sexe."
Un nouveau signe d'évolution pour l'armée
Moins d'un an et demi après l'abolition de politique dite "Don't ask, don't tell", qui obligeait les militaires gays et lesbiennes à taire leur homosexualité, ce nouveau changement constitue une évolution majeure de philosophie pour le Pentagone.
Contrairement à la France, aux Etats-Unis, les femmes peuvent même, depuis janvier 2011, servir à bord des sous-marins américains. Sous réserve que ceux-ci soient aménagés dans des quartiers adéquats pour les héberger.
Francetv info avec AFP
vendredi 18 janvier 2013
Mali : les soldats français et maliens sont entrés dans Diabali
Des soldats français et maliens sont arrivés lundi matin à Diabali, ville à l'ouest du Mali prise il y a une semaine par des islamistes qui l'avaient en partie abandonnée le 17 janvier après des bombardements de l'aviation française. | AFP / ISSOUF SANOGO
Drapeau français, applaudissements et acclamations. Des soldats français et maliens sont entrés ce lundi matin dans la ville de Diabali à l'ouest du Mali prise il y a une semaine par des islamistes. Les islamistes l'avaient en partie abandonnée le 17 janvier après des bombardements de l'aviation Française.
Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a par ailleurs annoncé la reprise du contrôle de la ville de Douentza, dans le centre du pays, «par les forces armées du Mali».
«Pour y parvenir, les militaires maliens ont été soutenus par les forces françaises, basées à Niono et à Mopti-Sévaré», précise le ministère de la Défense dans un communiqué, ajoutant : «Cette avancée de l'armée malienne vers les villes tenues par leurs ennemis constitue une réussite militaire certaine pour legouvernement de Bamako et pour les forces françaises, intervenant en soutien dans ces opérations.»
Une colonne d'une trentaine de véhicules blindés dans laquelle se trouvaient quelque 200 soldats maliens et français est entrée dans Diabali vers 9 heures (10 heures, heure deParis), sans rencontrer de résistance. La colonne avait quitté à l'aube la ville de Niono, à 350 km au nord-est de Bamako. Niono est elle-même située à 60 km au sud de Diabali, où des missions de reconnaissance ont été effectuées ces derniers jours par l'armée malienne.
Les militaires redoutent la présence de mines
Jean-Yves Le Drian avait indiqué dimanche que Diabali n'avait «pas encore» été reprise par les forces maliennes. «Tout laisse à penser que l'évolution de Diabali va être positive dans les heures qui viennent», avait-il cependant ajouté. L'armée malienne a patrouillé samedi en périphérie de la ville où la situation «n'est pas très claire», selon un officier français à Niono. Il avait cependant ajouté que, «a priori, les combattants rebelles ont quitté la ville», tout en soulignant leur «détermination à se battre et leur mobilité».
«Pour y parvenir, les militaires maliens ont été soutenus par les forces françaises, basées à Niono et à Mopti-Sévaré», précise le ministère de la Défense dans un communiqué, ajoutant : «Cette avancée de l'armée malienne vers les villes tenues par leurs ennemis constitue une réussite militaire certaine pour legouvernement de Bamako et pour les forces françaises, intervenant en soutien dans ces opérations.»
Une colonne d'une trentaine de véhicules blindés dans laquelle se trouvaient quelque 200 soldats maliens et français est entrée dans Diabali vers 9 heures (10 heures, heure deParis), sans rencontrer de résistance. La colonne avait quitté à l'aube la ville de Niono, à 350 km au nord-est de Bamako. Niono est elle-même située à 60 km au sud de Diabali, où des missions de reconnaissance ont été effectuées ces derniers jours par l'armée malienne.
Les militaires redoutent la présence de mines
Jean-Yves Le Drian avait indiqué dimanche que Diabali n'avait «pas encore» été reprise par les forces maliennes. «Tout laisse à penser que l'évolution de Diabali va être positive dans les heures qui viennent», avait-il cependant ajouté. L'armée malienne a patrouillé samedi en périphérie de la ville où la situation «n'est pas très claire», selon un officier français à Niono. Il avait cependant ajouté que, «a priori, les combattants rebelles ont quitté la ville», tout en soulignant leur «détermination à se battre et leur mobilité».
Selon un colonel de l'armée malienne, une «frange de la population de Diabali a adhéré aux thèses jihadistes et nous devons être prudents pour les prochaines heures». Français et Maliens craignent notamment la présence de mines ou de pièges.
Les islamistes se replient dans le nord-est
Les islamistes se replient dans le nord-est
Une deuxième colonne française s'est déployée à Sévaré, à 630 km au nord-est de Bamako, qui dispose d'un aéroport et est une ville-clé d'où peuvent être menées des opérations vers les grandes villes du Nord, Tombouctou, Gao et Kidal. Ces villes du nord ont été prises fin mars 2012 par les groupes jihadistes, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui ont mis en déroute l'armée malienne.
Parallèlement, plusieurs sources ont fait état d'un repli des islamistes depuis le centre du pays vers Kidal, dans l'extrême nord-est, à 1500 km de Bamako, près de la frontière algérienne.
Seuls 200 soldats de la Misma arrivés à Bamako
2000 soldats français sont d’ores et déjà déployés au Mali. Un chiffre qui va atteindre 2500, et peut-être davantage, selon Paris. Pour leur part, les Etats membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont été appelés à fournir «sans plus tarder» les troupes promises à cette force qui a reçu mandat de l’ONU pour aider le Mali à reprendre le contrôle du nord du pays. Quelque 2000 soldats de la Misma doivent être déployés d'ici au 26 janvier, mais jusqu'à présent, moins de 200 sont arrivés à Bamako
La Misma comprendra à terme quelque 6000 soldats pour prendre le relais de la France. Selon le président de la Commission de la Cédéao, Désiré Kadré Ouédraogo, ses besoins sont évalués à «environ 500 millions de dollars» (375 millions d'euros).

Parallèlement, plusieurs sources ont fait état d'un repli des islamistes depuis le centre du pays vers Kidal, dans l'extrême nord-est, à 1500 km de Bamako, près de la frontière algérienne.
Seuls 200 soldats de la Misma arrivés à Bamako
2000 soldats français sont d’ores et déjà déployés au Mali. Un chiffre qui va atteindre 2500, et peut-être davantage, selon Paris. Pour leur part, les Etats membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont été appelés à fournir «sans plus tarder» les troupes promises à cette force qui a reçu mandat de l’ONU pour aider le Mali à reprendre le contrôle du nord du pays. Quelque 2000 soldats de la Misma doivent être déployés d'ici au 26 janvier, mais jusqu'à présent, moins de 200 sont arrivés à Bamako
La Misma comprendra à terme quelque 6000 soldats pour prendre le relais de la France. Selon le président de la Commission de la Cédéao, Désiré Kadré Ouédraogo, ses besoins sont évalués à «environ 500 millions de dollars» (375 millions d'euros).
Les militaires français et maliens ont repris le contrôle de la localité stratégique de Diabali
Les militaires français et maliens ont repris le contrôle de la localité stratégique de Diabali, conquise le 14 janvier par les islamistes dans le centre du pays, a annoncé son maire.
"Les forces présentes en ville effectuent actuellement des opérations de ratissage", a déclaré à Reuters par téléphone Oumar Diakité. "Il y a un grand nombre de véhicules calcinés que les islamistes cherchaient à cacher dans les vergers".
Selon le maire, l'entrée des forces françaises et maliennes dans l'agglomération fait suite à un raid aérien de l'aviation française dans la matinée.
Diabali est située sur la ligne de démarcation entre les islamistes et les forces franco-maliennes qui cherchent à reconquérir le nord du Mali occupé par les djihadistes liés à Al Qaïda.
Adama Diarra; Jean-Loup Fiévet pour le service français
Guerre au Mali : comment nous, militaires français, pouvons intervenir si rapidement
Par Jean-Gabriel Cadoux
Chef d’escadron.
Chef d’escadron.
Cela fait une semaine jour pour jour que la France a décidé d'intervenir militairement au Mali. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé que 1.400 soldats français étaient d'ores et déjà engagés dans cette opération. Comment se prépare et se déroule un tel déploiement ? Réponse de Jean-Gabriel Cadoux, chef d’escadrons et stagiaire armée de terre de la 20ème promotion de l’Ecole de Guerre.
Des troupes françaises arrivant à Bamako, au Mali, le 17/01/13 (Jerome Delay/AP/SIPA)
Depuis près d’une semaine, le président de la République François Hollande a engagé notre pays et ses forces armées au Mali afin de protéger nos ressortissants, stopper l’offensive terroriste vers le Sud, et permettre à terme la reconquête du Nord Mali.
Initialement destinée à soutenir les forces maliennes mais confrontée à la réalité du temps politique et diplomatique, la position de la France a considérablement évolué en quelques heures, compte tenu de l’urgence de la situation, comme en témoigne l’appel direct du président malien à l’intervention de la France.
Dans ce cadre, l’armée française a fait preuve d’une réactivité qui suscite autant d’admiration que de questions : comment l’armée française est-elle capable de s’engager, sur très court préavis, dans une opération d’ampleur comme celles de Libye ou plus actuellement du Mali ?
Les options militaires sont soumises aux autorités politiques
La réactivité des armées françaises, argument politique majeur, est rendue possible grâce à un dispositif d’ensemble cohérent de veille, de mise en alerte et de déploiement. Si cet ensemble semble à première vue reposer sur une logique capacitaire, il est avant tout fondé sur une logique humaine, seule capable de mettre en cohérence les moyens adéquats et les missions confiées en fonction des buts fixés.
Pour les armées, la "veille stratégique" est assurée conjointement par la Direction du Renseignement Militaire (DRM) et le Centre de Planification et de Conduite des Opérations (CPCO), situés à Paris au sein de l’état-major des armées.
Le CPCO prépare et conduit l’ensemble des missions sur le territoire national (Vigipirate) comme des opérations extérieures, partout où des troupes françaises sont déployées (Afghanistan, Kosovo, Tchad, République de Côte d’Ivoire, Liban, Mali…). Ainsi, il élabore les options militaires possibles que le chef d’État-major des armées soumet aux autorités politiques.
Dès que ces dernières décident d’un engagement, le CPCO a déjà actualisé et affiné un plan d’intervention ; il est capable de donner immédiatement des ordres aux échelons pré-déployés ou susceptibles de l’être à très court terme, en cohérence avec les objectifs politiques, stratégiques et militaires définis selon une approche globale de la crise.
De l’alerte Guépard à la base à Djibouti, notre dispositif d'alerte
Le Centre de Planification et de Conduite des Opérations s’appuie sur un dispositif d’alerte opérationnelle, fondé à la fois sur :
- Des capacités terrestres, maritimes et aériennes placées sous un régime d’alerte variant de quelques heures à plusieurs jours. Par exemple, l’alerte Guépard (environ 5.000 hommes pré-identifiés) permet de projeter hors métropole des unités de combat, d’appui et de soutien (logistique, renseignement, commandement…) autonomes sous quelques heures pour les premiers échelons, et quelques jours pour les plus importants, par des vecteurs essentiellement aériens et maritimes ;
- La veille opérationnelle permanente de troupes des trois armées pré-positionnées dans nos bases en Afrique et dans la péninsule arabo-persique (Djibouti, Emirats Arabes Unis, Sénégal et Gabon). Alors que le nombre de ces bases tend à être réduit depuis 2008, on comprend néanmoins toute la pertinence de conserver de tels points d’appui sur le sol africain, non loin des foyers de crise actuels ou à venir, et à partir desquels la France peut acheminer troupes et matériels sur un théâtre d’opérations. De même, elles sont autant de réservoirs de forces immédiatement disponibles et de relais logistiques. Enfin, elles permettent le cas échéant la constitution des modules ad hoc au cours d’une mise en condition opérationnelle, phase préliminaire au déploiement.
- La mise à disposition d’unités de combat terrestres et aéro-terrestres, aériennes comme maritimes, déjà déployées dans le cadre d’autres opérations (dispositif Epervier au Tchad, opération Boali en République Centrafricaine, dispositif Corymbe dans le Golfe de Guinée, etc.), ou situées dans nos DROM-COM (forces de souveraineté).
La réactivité, la diversité des moyens engagés et les effets qu’ils peuvent produire sur l’adversaire confèrent à nos décideurs politiques un levier d’action politique, diplomatique et sécuritaire remarquable.
Tout engagement résulte donc d’une mise en adéquation des objectifs à atteindre, des moyens humains et matériels à engager et des effets concrets à obtenir sur le terrain. Ce savant équilibre permet à la fois de disposer des moyens interarmées, d’imposer la décision quelle que soit la situation et de concrétiser par là-même la volonté politique, en respectant la légitimité internationale de l’intervention qui, seule, donne un sens à l’engagement des troupes françaises sur le terrain.
Combien de temps la France pourra-t-elle se permettre ce genre d'intervention ?
Ceci soulève la question fondamentale de l’autonomie capacitaire de la France au regard des études actuelles qui visent à mettre en adéquation l’effort de défense avec les ressources prévisibles. Idéalement, il s’agirait de renforcer la défense européenne par le biais de mutualisations de moyens, c’est-à-dire de partage de pans capacitaires partiels ou complets en fonction de besoins et d’intérêts... communément partagés. A ce titre, l’attitude de nos partenaires européens fut à la fois particulièrement éclairante ces derniers jours, et riche de conséquences quant à nos ambitions à venir.
Cette remarque prend tout son sens dans le contexte actuel qui s’interroge sur "l’empreinte au sol" de nos troupes et son risque corollaire, à savoir l’enlisement dans un pays ami et ex-colonie française, alors que la France peine à sortir de dix ans de présence en Afghanistan et en République de Côte d’Ivoire.
Même si les armées ont réagi immédiatement, elles demeurent néanmoins au milieu du gué de leur transformation structurelle. A ce titre, l’engagement au Mali révèle le caractère indispensable de conserver à l’ensemble de nos forces armées, mais surtout à sa composante terrestre leur volume, leur cohérence et leurs savoir-faire combattants, seules garanties de leur réactivité.
Les caractéristiques de cette intervention pourraient se situer entre l’expérience tirée des théâtres d’opérations africains et les savoir-faire à la fois conventionnels et contre-insurrectionnels développés en Afghanistan ; dans tous les cas, elle nécessite comme tout autre engagement une formation solide au combat de contact, un entraînement constant et une disponibilité permanente et immédiate de ses hommes et de ses matériels.
Il est à craindre qu’à l’avenir, toute diminution substantielle du format de nos forces armées pourrait réduire considérablement la capacité de la France à répondre présent à pareille sollicitation. Aujourd’hui, la France peut se le permettre. Pour combien de temps encore ?
Mercredi : une vingtaine de blindés français quittent Bamako
VIDEO. Mercredi : une vingtaine de blindés français quittent Bamako
VIDEO. Mercredi : les militaires français accueillis en héros à Markala
LeParisien.fr 
LeParisien.fr 
mardi 15 janvier 2013
«La France n’a pas vocation à rester au Mali»
Par Libération
Hollande : «La France n’a pas vocation à rester au Mali»
L'ESSENTIEL
Au cinquième jour de l’opération «Serval» lancée pour repousser les jihadistes qui occupent le Nord-Mali, la France, en première ligne, poursuit ses frappes. Celles-ci atteignent leur cibles, assure François Hollande. Les jihadistes se sont repliés, quittant les grandes villes qu’ils occupaient, mais ils menacent de «frapper le cœur de la France». Les contingents envoyés par les pays de la Cédéao arrivent au compte-goutte. En déplacement à Dubaï ce mardi, le président François Hollande a précisé les objectifs de l'intervention française au Mali, destinée à aider le pays à «recouvrer son intégrité territoriale», tout en réaffirmant sa volonté de venir en aide aux otages qui y sont détenus.
Intervenir, la «seule solution»
C'est depuis Dubaï que le président français François Hollande a fait le point ce mardi sur l'intervention au Mali. L'opération «Serval» était «la seule solution», a-t-il dit. Elle est destinée à «arrêter l’agression» des islamistes, à sécuriser Bamako et à préserver l’intégrité territoriale du pays, a précisé le président au cours d'une conférence de presse, réaffirmant vouloir tout faire pour libérer les otages détenus au Mali.«J’y pense à chaque instant mais j’ai considéré que l’intervention était la seule solution. Nous ferons tout pour qu’ils puissent être libérés. Ceux qui les ont capturés, détenus doivent réfléchir. Il est encore temps de les rendre à leur famille», a déclaré François Hollande.
«La France n’a pas vocation à rester au Mali mais nous avons en revanche un objectif, c’est de faire en sorte que lorsque nous partirons il y ait une sécurité au Mali, des autorités légitimes, un processus électoral et plus de terroristes qui menacent» l’intégrité du Pays, a-t-il encore dit.
Au même moment, à Paris, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a précisé, lors de la séance des questions à l'Assemblée, les quatre objectifs assignés aux forces françaises au Mali : «assister les forces maliennes dans leur action pour enrayer la progression des groupes terroristes vers le sud, soit par frappes aériennes, soit par l’intervention d'éléments terrestres qui sont en ce moment déployés au sud», «frapper dans la profondeur les bases arrières des groupes terroristes pour éviter qu’ils ne se ressourcent et ne reviennent vers le sud», «sécuriser Bamako pour assurer la stabilité de cette ville et assurer la pérennité de ses institutions», «faire en sorte que nos forces préparent l’intervention, l’organisation des forces armées africaines autour de l'état-major nigérian».
Sur le terrain
La France a mené dans la nuit de lundi à mardi de nouvelles frappes. Elles «ont atteint leur objectif», a assuré le président François Hollande, en déplacement aux Emirats arabes unis. Le chef de l'Etat souligne aussi que, contrairement à ce qui avait été annoncé hier lundi,«les terroristes n’ont pas conquis» la petite ville de Diabali «mais s’y sont réfugiés pour se protéger». L'aviation française a bombardé dans la nuit cette localité à 400 km de Bamako, tuant plusieurs jihadistes, selon des témoins. Le porte-parole du groupe islamiste Ansar Dine a reconnu un «retrait tactique», selon des propos publiés sur le site d’informations mauritanien Alakhbar (proche des islamistes mauritaniens).
Quel est le bilan ?
Difficile à ce stade de le savoir précisément. Le gouvernement malien a fait état de 11 morts et une soixantaine de blessés dans les rangs des militaires maliens, et d’un militaire français mort des suites de ses blessures reçues lors des opérations. Côté jihadistes, au moins une soixantaine ont été tués dimanche à Gao, sans doute bien plus depuis.
Le nombre de réfugiés chassés par le conflit approche les 150 000 personnes dans les pays voisins, selon le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR), et le nombre de personnes déplacées dans le pays est proche de 230 000, a précisé le bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU.
Quels sont les moyens français ?
A ce stade, 750 militaires français sont engagés dans l’opération. Ce chiffre sera porté à 2 500. Une colonne d’une quarantaine de véhicules blindés français venus de Côte-d’Ivoire est arrivée dans la nuit de lundi à mardi à Bamako.
Les Forces spéciales ont également été engagées. La défense ne communique pas sur leur nombre.
Côté aérien, le nombre d’avions de combat basé à N’Djamena dans le cadre du détachement Epervier a été porté à huit : deux Mirage F1CR et six Mirage 2000D. Trois avions ravitailleurs C135 sont également mobilisés, en plus des appareils de transport. Des Rafale mis en état d’alerte peuvent intervenir directement depuis la France, comme cela a été le cas dimanche près de Gao, où quatre de ces chasseurs ont détruit des camps d’entraînement et des dépôts logistiques des groupes islamiste armés. Six d’entre eux stationnés à Abou Dhabi sont notamment mobilisables.
Le déploiement des quatre Rafale, dimanche. (Vidéo postée par l'armée française)
Enfin, des hélicoptères de combat, notamment des Gazelle équipés de missiles Hot et de canon de 20 mm, ont également été engagés dans la région de Konna.
Renforts de la Cédéao
Les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) commencent à acheminer leurs hommes vers le Mali. Ce déploiement pourrait prendre une semaine. Ce mardi, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a confirmé que les forces africaines devraient être déployées «d'ici une semaine». Le Nigeria doit fournir 600 hommes. Niger, Burkina Faso, Togo et Sénégal ont également annoncé l’envoi chacun d’environ 500 hommes, le Bénin 300, le Ghana 120 militaires spécialistes du génie et la Guinée 144, selon les informations recueillies par l'AFP. Au total, environ 3 000 hommes devraient prendre le relais de la France.
Appui occidental a minima
Les Britanniques ont mis à disposition deux avions de transport, mais n’envisagent pas de forces au sol. Pas plus que l’Allemagne, qui étudie une aide «logistique, médicale». La Belgique s’apprêtait mardi à proposer l’envoi de deux avions C-130 et d’un hélicoptère médicalisé. Les Etats-Unis apportent un appui en termes de renseignement.
Sur le front diplomatique
La France, qui a pris les devants vendredi eu égard à l’urgence de la situation et à l'appel à l'aide des autorités maliennes, s’active pour avoir le soutien de l’ONU et des autres pays. Si la communauté internationale affiche d'une manière générale son soutien de principe à l'opération, sur le terrain les renforts ne se bousculent pas.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a apporté hier son soutien à l'opération, soulignant «l’urgence d’appliquer tous les aspects» de la résolution 2085 de l’ONU du 20 décembre sur le Mali (texte de la résolution en pdf ici). Le représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Said Djinnit, doit se rendre à Bamako.
Une réunion exceptionnelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne doit également se tenir cette semaine, probablement se tenir jeudi à Bruxelles.
En France, un débat sans vote aura lieu demain mercredi après-midi au Parlement sur la situation au Mali, simultanément à l’Assemblée nationale et au Sénat, Jean-Marc Ayrault représentant le gouvernement dans la première chambre et Laurent Fabius dans la seconde. Des auditions sont prévues ce mardi.
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